Parcours d’un jeune chrétien en quête de vérité (Troisième Partie)
Au non d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Louange à Dieu, le Vénéré par excellence, et que la prière et la paix soient sur ses messagers, ses prophètes et ses amis.
Eliezer: Cheikh, j’aurais souhaité que vous nous donniez davantage d’explications au sujet des démonstrations du Coran sur les enseignements divins.
Emmanuel: Pour ma part, je vous demanderai de procéder en tenant compte de la capacité toute limitée des gens simples et leur perception primitive de ces choses-là, mais aussi de manière à fournir au philosophe les éclaircissements qui le satisferont, dans le respect des règles scientifiques, cela va de soi, et c’est justement ce qui est attendu du Livre céleste, révélé aux fins de guider l’humanité entière.
Le cheikh: Certaines vérités, en raison de l’incapacité des esprits à en saisir toutes les finesses, deviennent par la force des choses objet de doute et de négation, pendant que d’autres sont indiscutables du fait de leur évidence dont ne doutent que les dénués de perception ou ceux qui ont sacrifié leur humanité à leurs penchants. Pour cela, le Coran se charge de répondre par la clarté de la preuve, aussi bien à l’incapacité des gens à comprendre, qu’aux mauvaises suggestions de leurs passions. Ainsi, nous pouvons lire aux versets 19 et 20 de la sourate al-‘Ankabout (l’Araignée): « Ne voient-ils pas comment Dieu commence la création et la recommence? Cela est si aisé, en vérité, pour le Seigneur! Dis: « Parcourez la terre et voyez comment il a commencé la création, comment il la fera renaître de nouveau pour la dernière fois. » Car la puissance de Dieu n’a point de limite ».
On serait tenté de croire que par ces paroles, le Coran est en train de blâmer beaucoup de gens de notre époque, et dont les esprits sont sous l’emprise d’idées qu’ils écrivent et propagent à leur tour sans considération pour la vérité, se permettent de déclarer leur incapacité à admettre la possibilité de la création de l’existence à partir du néant. Quand je pense que le monde pullule d’exemples sur l’apparition de l’existence après le néant et que toute personne douée de raison ne peut faire autrement que de le constater, j’en arrive à me demander où sont passés leur discernement et leur clairvoyance. « Ne voient-ils pas?» Comment toutes ces créatures: hommes, animaux et plantes ont une existence après qu’elles n’en eurent point? Ne voient-ils pas comment elles se renouvellent âge après âge, peuple après peuple. Ont-ils dû renier leurs propres sens pour ne rien avoir vu de cette évidence? « Parcourez la terre! » Sortez de chez vous et quittez les ténèbres de votre ignorance « et voyez comment il a commencé la création » et fait exister les créatures après leur inexistence.
Ramzi: Ce qui apparaît du néant et finit par disparaître n’est en réalité que l’image générique de ce que vous identifiez. Quant à la matière, étant éternelle, elle n’apparaît pas plus qu’elle ne disparaît.
Emmanuel: D’où tenez-vous que cette matière prétendument éternelle, n’apparaît pas après son inexistence? Combien d’humains, d’animaux et de plantes apparaissent à l’existence alors qu’on ne leur connaissait ni image ni matière auparavant? Pourtant, toutes ces créatures grandissent, vieillissent puis disparaissent. Pourquoi ne reconnaissez-vous pas que leur matière apparaît et disparaît tout autant que leur image?
Ramzi: C’est un genre d’apparition que je ne constate pas pour le soleil, la terre et les autres planètes. Alors je ne leur imagine pas de disparition.
Emmanuel: Vous n’avez pas non plus assisté à l’apparition de votre mère, votre père et vos grands parents. Estimez-vous pour autant qu’ils ont toujours existé? Vous n’étiez pas encore né, alors que la plupart de ces oliviers existaient déjà, et vous ne vivrez certainement pas assez longtemps pour assister à leur disparition. Pour autant, iriez-vous jusqu’à juger de leur éternité? Qu’est-ce qui vous prend, Ramzi? Ne savez vous donc pas que ce sont justement ceux que vous imitez qui affirment que le soleil et toutes les planètes sont apparus à la suite de changements survenus dans les conditions de l’espace, et que l’ensemble est subordonné au pouvoir de la désintégration et de la disparition, au terme qui lui est estimé.
Ramzi: Je dis que l’apparition et la disparition, ainsi que les différents états de croissance, de la petitesse à la grandeur ne sont pas le fruit de l’apparition de la matière ou de sa disparition, mais seulement le résultat de sa concentration et de sa dispersion dans un mouvement qui aboutit au changement de la forme de l’objet existant.
Emmanuel: C’est tout de même extraordinaire! Est-ce à dire que chaque partie de l’animal ou de la plante n’est autre que la matière éternelle, et dont la forme se serait transformée en animal ou en plante par exemple, et que le processus serait le même pour chaque chose existante? D’où tenez-vous cela, afin que nous puissions en profiter nous aussi? Quel secret de la connaissance avez-vous percé pour découvrir que chaque partie qui disparaît de n’importe quelle créature, n’est que de la matière éternelle qui aura changé de forme? Voyons Ramzi, quel que soit votre allégeance aux idées de tel ou tel aventurier du matérialisme, les nouvelles découvertes ne cessent de démontrer l’une après l’autre l’apparition et la disparition de la matière.
Savez-vous que le radium se forme lors de la désintégration radioactive de l’uranium? Qu’il se transforme en énergie en envoyant dans l’espace son électricité, sa température et son rayonnement et sa période radioactive est de 1600 ans. De la décomposition radioactive du radium se forme un gaz, le radon, dont la période radioactive est de seulement quelques jours. Les auteurs de ces découvertes dont les idées gouvernent, ou plutôt asservissent votre esprit, bien qu’ayant observé le mode et les effets de désintégration du radium, n’ont pas été jusqu’à prétendre que c’est sa matière qui prend une autre forme.
N’avez-vous pas eu vent de ces découvertes qui ont bouleversé les règles dites scientifiques au sein du courant matérialiste, et sonné le glas de l’hypothèse qui fait de l’atome l’origine de toute chose? Ces découvertes viennent ni plus ni moins remettre en cause le principe sacro saint, si cher aux adeptes de ce courant, à savoir que l’atome est le plus petit corps dans la matière, qu’il est indivisible et qu’il est éternel. Et bien, figurez-vous que l’atome n’est pas aussi indivisible qu’on voudrait le faire croire, puisque nous savons désormais que lui-même est composé d’autres particules dites élémentaires, comme les électrons, les protons, les neutrons, etc.
Vous savez très bien, cher Ramzi, que nous avons déjà plus que suffisamment expliqué que le divisible ne peut être un être nécessaire, et ce qui n’est pas un être nécessaire ne peut être éternel; il a au contraire besoin d’un agent extérieur pour lui donner existence. Enfin, il est définitivement établi que la matière, étant sujette au changement dans son essence, il est bien exclu qu’elle soit un être nécessaire. Nous avons beau ignorer ce balai d’apparitions et de disparitions de corps de toutes sortes, il n’en demeure pas mois que la preuve nous est donnée sur le caractère fondamentalement accidentel de la forme générique. N’y a-t-il pas là de quoi contraindre les plus réticents, à admettre que la création d’une chose après son inexistence est quelque chose de tout à fait raisonnable, palpable, concret?
Ramzi: Nous ne pouvons pas nier la contingence des formes génériques après leur inexistence et les exemples ne manquent pas, je veux bien l’avouer. Le Darwinisme, dans sa doctrine de l’évolution des espèces, est fondé sur le fait que les espèces, par la dynamique de l’évolution, se renouvèlent à chaque fois dans de nouvelles formes. Mais ceci ne constitue pas une preuve de la création de la matière et son apparition après son inexistence.
Emmanuel: Je ne vous renverrai ni aux dernières découvertes scientifiques, ni devant les arguments de la raison. Dites-moi seulement: comment pouvez-vous vous rendre à l’idée de la création des formes génériques après leur inexistence et refuser le même principe pour la matière?
Ramzi: Simplement parce que l’apparition des formes n’est pas le fait de la création; elles naissent de la matière, car il ne peut y avoir de forme sans matière.
Emmanuel: Pourriez-vous être plus explicite? J’avoue éprouver quelques difficultés à saisir la portée de votre raisonnement.
Ramzi: Vous seriez peut-être satisfait si je vous disais que c’est la matière qui se transforme pour devenir une forme, étant donné que cette dernière ne peut être que par la transformation de la matière.
Emmanuel: Ne savez-vous donc pas que la matière ne peut exister en dehors de sa forme? Sinon, comment pouvez-vous expliquer l’existence de la première forme de la matière, celle-là même qui accompagne la matière dans son existence; d’où peut-elle être issue?
Ramzi: Je maintiens que la forme ne peut pas être sans matière, ce qui veut dire encore que sa contingence ne peut être un effet de la création.
Emmanuel: La création, c’est l’action de faire exister après le néant, et l’applicabilité de cette définition aux formes génériques ne laisse aucun doute. Ceci étant, rien ne vous autorise à restreindre le sens de la création à l’action de faire exister une chose indépendante dans son existence, sans lien avec une autre, comme le lien qui rassemble la matière et la forme et ce, quelle que soit l’aversion que vous pouvez éprouver à l’endroit du principe même de la création, parce que ne rentrant pas dans le moule de votre doctrine. Je vous dirai tout de même que l’apparition de la forme est la plus claire des preuves sur l’apparition de la matière, puisque comme vous le disiez si bien, l’une ne peut être sans l’autre. Nous ne pouvons donc parler de l’éternité de la matière, laquelle s’accompagne obligatoirement de la forme, contingente de par sa nature; à moins que nous nous mettions cette fois-ci à défendre l’éternité de la forme.
Ramzi: C’est vrai, mais la forme initiale qui accompagne la matière est tout aussi éternelle que celle-ci et non contingente.
Emmanuel: Tous les scientifiques s’accordent sur le principe selon lequel que les formes disparaissent, laissant place à d’autres qui apparaissent pour la première fois dans l’existence. Comment voulez-vous par conséquent que la forme soit éternelle? Même la forme de l’éther considérée comme la base de votre théorie est soumise à la disparition, pour que d’autres formes apparaissent à sa place.
Ramzi: La science nous démontre que depuis des millions d’années, la matière de l’univers ne cesse de changer de forme. Je ne vois donc pas ce qui vous permet de parler de contingence de la matière.
Emmanuel: Vous m’étonnez, Ramzi. Je ne sais si vous avez oublié ou si vous faites semblant. Dois-je encore vous rappeler combien nous avons débattu de ces questions qui ont été d’ailleurs consignées dans le détail? Vous y trouverez de quoi satisfaire votre curiosité et même vos objections sur le sujet.
Ramzi: Ce n’est pas pour sauter du coq à l’âne, mais à en juger par la Torah, les origines de la création ne remontent pas au-delà de huit mille ans, pendant que la science nous montre qu’une si courte période ne suffit même pas à la formation d’une des couches géologiques.
Emmanuel: Au terme des investigations que nous avons menées sur la Torah courante, il nous est apparu que celle-ci ne peut pas être la Torah authentique. C’est pourquoi, il ne serait ni judicieux ni honnête de recourir à son contenu pour alimenter votre polémique. Néanmoins, le Coran des musulmans rapporte que la création de la terre et de ses habitants a précédé de loin celle du genre humain, du moins celui à travers lequel nous nous identifions, et que cette espèce humaine a été créée en successeur à une ou plusieurs autres qui s’étaient éteintes. Dieu dit au trentième verset de la sourate al-Baqara (la Vache): « Puis vint le jour où ton Seigneur dit aux anges: « Je vais installer un représentant sur la terre». »
Ramzi: Permettez-moi d’insister, mais il est établi que la formation de notre système solaire a duré des millions et des millions d’années, alors que la Torah aussi bien que le Coran disent que les cieux et la terre ont été créés en six jours.
Emmanuel: Dans ce qui a été précédé de cette étude, la preuve a été faite sur la contingence de la matière et de ses formes qui, pour exister, nécessitent au préalable l’existence d’un Créateur. Dites-moi maintenant: qui a bien pu fixer les limites du pouvoir et de la sagesse de ce Créateur, de sorte qu’il serait incapable de créer l’univers en six jours? Ne soyez donc pas si prompt à faire objection au Coran. Vous seriez au contraire bien avisé d’interpréter ces six jours en six ères, à plus forte raison que la durée de certaines journées dans le Coran équivaut à cinquante mille de nos années. Il est vrai que le texte de la Torah courante ne prête pas à ce genre d’interprétation, à voir la description qui est faite de la journée et ce, tout au long du premier chapitre de la Genèse. Le plus drôle chez certains se réclamant de la spiritualité chrétienne et qui se sont imprégné l’esprit d’idées matérialistes et de la théorie de l’évolution des espèces, c’est qu’ils se sont embrouillés dans l’affaire des six jours cités dans le début de la Genèse. Ainsi, l’auteur de ‘adja
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